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Bonjour, bienvenue aux personnes sensées, soucieuses de comprendre ce phénomène de société: "le culte du tout sauvage". Culte qui nous conduit vers une société dans laquelle tout est planifié pour servir des lobbys dont le but est la stérilisation de nos vies par, entre autre, la perte de savoir faire ancestraux et sages, afin d'avoir la main mise sur l'indépendance des peuples.(ouragan)
Les véritables créateurs des parcs nationaux du monde ne sont pas les idéologues et les
évangélistes du mouvement écologiste, mais les peuples indigènes qui ont façonné leurs paysages
grâce à un savoir et une vision emmagasinés à travers d'innombrables générations. (Stephen Corry)


Mes articles sont régulièrement mis a jour, soit par l'actualité les concernant, soit pour en rectifier des erreurs (que vous pouvez me signaler). Ils évolueront donc dans le temps, jusqu'au jour ou une solution pérenne, pour la sauvegarde des ruraux qui vivent de et en accord avec la nature, soit adoptée par nos gouvernements

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lundi 21 décembre 2015

LOUP, EN ITALIE COMME PARTOUT AILLEURS, la suite

Pour faire suite a la conférence "LE LOUP SUR LES ALPAGES" qui a eu lieu le 17 décembre 2015 à Véronne en Italie, voici le compte rendu en Français (traduction du Webmaster du blog le loup des voisins)

Alpages : le paradis du loup, l’enfer des bergers.

Le 17 Décembre l'ancien hôtel de ville de Saluzzo accueillait la conférence « Le loup dans les alpages « organisé par l’Association Adialpi ( association de défense des alpages du Piémont) pour donner la parole à ceux qui vivent cette réalité tous les jours à travers leur travail sans se laisser leurrer par tous les discours et l'argent public consacrés aux projets en faveur du loup en Italie, qui financent des organismes publics, des parcs et des associations, sans avoir le moindre égard pour les difficultés des alpagistes.
C’est Giovanni Dalmasso, alpagiste de Crissolo et Président de Adilapi, qui a ouvert la soirée en décrivant les activités de l’association, la lutte contre la spéculation sur les alpages qui a fait grimper le prix de location des pâturages et l’implication actuelle de la région Piémont dans les choix de la politique agricole.
« Le loup est l’un des nombreux problèmes des alpagistes - dit Dalmasso - dont on pourrait volontiers se passer. Même les nouveaux Parcs qui s’installent actuellement dans le Piémont ne sont rien d’autre qu’un casse-tête pour ceux qui travaillent en montagne, avec de nouvelles contraintes, règlements et difficultés pour ceux qui doivent vivre dans cet environnement. La faute est surtout celle des maires de montagne qui ne se sont pas battus pour représenter leurs citoyens mais ont surtout regardé leurs intérêts.
Le loup avait disparu de notre région au début du 20e siècle, puis il a été réintroduit et aujourd’hui il crée des dommages, attaque les troupeaux ovins et bovins, mettant en difficulté les quelques éleveurs restés dans nos vallées.
Et pendant que nous continuons à gaspiller des millions d'euros pour financer de nombreux projets comme Wolfalps, les éleveurs sont de plus en plus abandonnés, incapables de se défendre; les systèmes de défense sont inefficaces: le loup continue de tuer des animaux, les chiens de protection sont des dangers pour les touristes et les dédommagements ne suffisent pas à compenser les dommages subis. Le nouveau Plan de conservation et de gestion du loup en Italie, présenté par l’Union Zoologique Italienne 19 Octobre sur commande du Ministère de l'Environnement est un autre exemple de mauvaise gestion du problème, créé par un groupe d'experts du loup inévitablement non experts en pastoralisme. Nous sommes en train de mettre en danger l'avenir des bergers et par conséquent, en l’absence de leur travail dans la préservation du territoire, de risquer aussi de graves dommages pour l'environnement ".

L’intervention du Pr Corti, professeur de zootechnie à l'Université de Milan et représentant les bergers lombards, a analysé la diffusion du loup non seulement dans les Alpes et les Apennins, mais au niveau européen où l’on observe au cours des dernières décennies, un retour en force du prédateur. Mais à la différence de l'Italie, presque tous les autres pays ont accordé des autorisations d’abattages à la suite de demandes du secteur agricole. Le loup est ainsi chassé en Suisse, en France, en Suède et dans de nombreux autres Etats, bien que le prédateur fasse partie des espèces protégées par la Convention de Berne et la directive Habitats.

« En Italie, - dit le professeur Corti - il semble que l’abattage du loup soit un mot tabou, impossible à réaliser parce que la loi ne le permet pas. Le loup a trouvé dans nos montagnes un vrai paradis, un territoire plein de nourriture où personne ne lui fait de mal. Alors que pour les bergers cette situation est en train de se transformer en enfer. Mais est-il vrai que le loup soit la seule chose importante et protégée ? Il existe de nombreuses autres conventions internationales visant à protéger les pratiques agricoles, la biodiversité des races animales autochtones, la culture locale, ainsi que des normes qui protègent la sécurité, la liberté économique, et la propriété. Toutes ces protections sont des droits qui doivent être défendus: on ne peut mettre comme seule priorité la conservation du loup, il faut un juste équilibre.
Le loup arrive en plaine et à proximité des grandes agglomérations, alors la situation dans les pâturages est intenable: les clôtures ne suffisent pas, le loup ne mange pas que les brebis mais parfois aussi le chien de protection, les indemnisations sont trop faibles et souvent ne sont même pas accordées.
Les conséquences ? Les bergers en ont assez de dénoncer les prédations, de nombreux alpages ne sont plus pâturés, les mesures de protection se heurtent à la bonne utilisation des pâturages et au bien-être animal.
Les solutions ? Coordonner les éleveurs des différentes zones touchées par le retour du loup en Italie (Piémont, Vénétie, Toscane, ..) et en Europe pour échanger des informations et agir avec des actions politiques et légales, mettre en œuvre des projets en faveur des pâturages, du tourisme rural, des produits locaux et de la culture alpine. Faire en sorte que cela ne soit pas les Alpes du loup, mais les Alpes de l'homme. »"
Le Président de Alte Terre, Giorgio Alifredi, en qualité d’éleveur de la vallée Maira a exprimé sa volonté de pouvoir se défendre en cas d'attaque: « Tant que l'élevage et le pastoralisme existeront, nous devons pouvoir défendre nos animaux contre les attaques. Ne pensez pas que le berger ait le temps d'aller à la chasse au loup, mais quand un prédateur attaque son troupeau il doit pouvoir l’éloigner. Je ne peux pas rester les bras croisés pendant que mes animaux et mon travail se font dévorer »

Alifredi ensuite présenté le « manifeste anti-loup », rédigé par les associations Alte Terre et Adialpi, destiné à faire connaitre aux institutions européennes les difficultés liées au retour du loup dans les Alpes et les mesures à mettre en place pour faire en sorte que le pastoralisme ne disparaisse pas complètement de nos montagnes. Le document rapporte que « la seule solution efficace pour résoudre à long terme le conflit entre prédateurs et montagnards est de remettre en question la directive Habitats et de sortir de la Convention de Berne, puisque dans les faits la véritable espèce aujourd’hui en risque d’extinction dans les Alpes n’est pas le loup, mais l'être humain, en particulier le paysan et sa famille ! «
Parmi les intervenants il y avait aussi Daniele Massella, éleveur en Lessinia dans la Vénétie, qui décrit la situation des vallées de Vérone après l'arrivée des loups: « Il y a moins d’animaux sur les alpages parce que de nombreux éleveurs ne veulent plus laisser leurs vaches au pâturage, ils préfèrent les garder dans l’étable, malgré les coûts plus élevés. Les dédommagements sont insuffisants, on ne tient pas compte de la juste valeur génétique des animaux. La cohabitation entre loup et élevage est impossible: il faut changer les lois qui le protège, sinon les éleveurs disparaîtront de nos montagnes « .
Aiassa Tiziano, éleveurs de Limone (Piémont) a décrit sa situation: « J’élève des bovins de la race piémontaise. En l’espace de cinq ans je perdu trente bêtes à cause des attaques de loup. Les premières années, j’ai été indemnisé. Mais pas dernièrement : les vétérinaires de l'ASL chargés de faire les constats de prédation sur place ne veulent pas certifier qu’il s’agit d’attaques de loups et de toute façon les animaux de plus de trois ans ne sont pas indemnisés. En plus des dommages, on doute de nos déclarations. Il faut une contre-expertise en plus de celle de l'ASL dans les cas où elle ne suffit pas « .
Le soutien à l’initiative de Adialpi est aussi venu du vice-président de la fédération de chasse du Piémont, Alessandro Bassignana, qui a déclaré : « le loup est là et nous le voyons, il se rapproche des villes. En montagne, le nombre d'animaux sauvages a considérablement diminué après le retour du loup. Concernant le repeuplement et son éventuelle réintroduction, je peux dire que, si le loup des Alpes est théoriquement arrivé des Apennins, on n’explique pas le fait que des signalements aient été faits plusieurs années auparavant dans le secteur de Turin et en Ligurie
Pierangelo Cena de CIA Turin (syndicat agricole) a réitéré son soutien aux initiatives pour défendre les activités des éleveurs sur les alpages: « En qualité d’organisation agricole nous nous sommes déjà engagés pour recueillir des signatures contre le loup sur les alpages. Nous sommes ouverts à toutes propositions. Le loup n’est plus en danger d’extinction aujourd’hui, nous pensons qu’il faut de nouvelles actions pour gérer le problème « .

Concernant les élus, en plus des interventions de plusieurs maires locaux qui ont souligné leur rôle au sein de la Coordination des Montagnards, née justement pour représenter les différentes problématiques du territoire lapin, Emiliano Cardia est intervenu en qualité de représentant du secrétariat de l'eurodéputé Alberto Cirio. Il a souligné la nécessité de coordonner les propositions et les forces des différentes associations agricoles et de catégorie pour pouvoir constituer un front uni de propositions à faire aux politiques Ce sont en effet les hommes politiques qui représentent le territoire qui ont le devoir et la possibilité de changer les règles quand on rencontre des problèmes.
Pour conclure la soirée, le président Giovanni Dalmasso a rappelé l'importance de protéger ceux qui travaillent en montagne, en particulier les éleveurs qui jouent un rôle fondamental dans la préservation du territoire. Dans nos vallées nous n’avons pas besoin du loup mais de ce qui est indispensable à l’homme.

« En qualité d’Association des alpagistes, nous continuerons à nous faire entendre pour obtenir des mesures utiles à la défense de notre travail, en collaborant avec les alpagistes d’autres régions et en portant nos propositions aux politiques. Nos idées sont claires, nous devons seulement faire comprendre aux autres nos raisons avant tous les alpagistes ne soient partis des montagnes «


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